Macky Sall, (je m’abstiens de lui coller un titre) a présidé aujourd’hui le Conseil National son parti, l’Alliance Pour la République (APR) au Grand Théâtre National de Dakar. Je m’abstiens également de parler de l’utilisation de ce lieu culturel et du coût de cette manifestation.

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Vue de l’amphithéâtre du Grand Théâtre National de Dakar.
Mon inquiétude se situe au niveau de l’institution présidentielle qu’il incarne. Les partisans de Macky Sall et les politiques en général vont dire que ce n’est pas le chef de l’Etat qui s’est rendu à cette manifestation mais le chef de parti politique. Mais là aussi d’autres questions peuvent être soulevées. Existe-t-il une ligne de démarcation entre ces deux fonctions? A quel moment peut-on faire la différence entre Macky Sall président de la République et Macky Sall chef de parti? Y a-t-il un moment ou Macky Sall peut se départir de ses privilèges de président? Quelle voiture, quelle cortège, quelle sécurité l’ont conduit au Grand Théâtre?
Ces questions soulèvent la nécessité de séparer le Président de la République de toute autre fonction ou affiliation professionnelle, associative voire même religieuse. Il ne s’agit pas par là de rendre le président athée, mais de lui interdire d’exposer son appartenance religieuse ou confrérique autrement que par la pratique personnelle. Il devrait lui être interdit les déclarations d’allégeance ou d’affiliation à une confrérie religieuse par exemple. Il s’agit de l’éloigner de toute action ou position partisane, de le mettre dans une position d’équidistance pour tous les sénégalais.
Le cumul Chef d’Etat / chef de parti entraîne souvent des confusions dans l’exercice du pouvoir. C’est à cause de ce cumul que le Président de la République a appelé un député de son parti pour lui demander de désigner un ministre. C’est aussi à cause de ce cumul que le parti se confond avec la patrie, que le conseil des ministres conclut qu’il faut œuvrer pour la victoire du OUI au référendum du 20 mars.
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Les membres du gouvernement présents lors du Conseil National de l’APR. On peut voir le Ministre de l’Intérieur, maître d’ouvrage du référendum du 20 mars.
Ce dernier acte n’a pas semblé anodin voir normal pour certain. Mais si on sait que les décisions, instructions et recommandations du Président de la République lors du conseil des ministres doivent être appliquées par ces derniers à travers leurs services et les fonctionnaires sous leurs ordres, on doit en conclure que le président de la République venait de donner l’ordre à tous les fonctionnaires de battre campagne pour le OUI.
Au fait, la Fonction Publique aussi c’est un parti?
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