C’est l’histoire d’un père de famille et de son fils. Le petit est bien gentil comme tout. Il aime passer sa journée devant la télé à regarder son super héros. Il a sa tenue, il connaît ses répliques par cœur… Il lui manque juste son fusil cosmique à lasers avec lequel il catapulte ses ennemis dans l’espace. Il l’a justement repéré dans un magasin. Il le veut à noël. Le problème est que le papa lui est foncièrement contre les jouets en forme d’armes. Il préfère que son fils s’adonne à des jeux plus intellectuels. Mais voilà… face au manque de concentration du jeune à l’école, il lui fait la promesse  : « si tu as que des bonnes notes jusqu’à la fin de l’année scolaire, je te l’achèterai ».
Le papa espérait secrètement qu’avant la fin de l’année scolaire, son gentil petit ce sera passionné pour autre chose. Sauf que le petit lui tient à son fusil cosmique à lasers. Et à chaque fois que son carnet de notes arrive, il ne manque pas de le rappeler.

Et puis arrive le jour de la rencontre parents/enseignants. Le papa rencontre la maîtresse… Cette maîtresse que son fils aime et vénère tellement que sa maman en devient jalouse… Longue discussion entre le papa et l’enseignante qui ne tarit pas d’éloges sur le petit, tout fier et sage dans son coin. Il se met à rêver que son père soit tellement fier et content de ce qu’il entend qu’il va vite courir lui acheter son fusil cosmique à lasers. Et là, patatraa!!! « Je lui interdis tout le temps les jeux de guerre et de mimer les armes. Les armes, ce n’est pas bien, n’est-ce pas Salif (puisque c’est le nom du petit)? »… Eureka!!! Alleluia!!! Au nom des 333 saints de Tombouctou!!! Le sourire qui se dégage du visage du papa répond tout de suite aux dernières lueurs d’espoir du petit Salif.

Cette histoire, juste une métaphore, décrit le jeu auquel Macky Sall s’est adonné depuis le 25 mars 2012 avec les sénégalais. Pour leur plaire, il leur a fait une promesse qu’il n’a jamais eue l’intention de tenir. Alors pendant presque trois ans, il a tourné. Il dit Yonu Yokkute (son premier programme de gouvernement), certains lui rappellent « le mandat ». Il amène le Plan Sénégal Émergent (son nouveau programme)… « Oui Monsieur! Mais rappelez-vous de votre promesse… » lui a-t-on répondu.

– Nous avons un taux de croissance de 6,4%… »
– Pas mal mon gars, mais ta promesse là…
– Je distribue des bourses familiales…
– Très bien! Mais le mandat…
– J’ai institué la Couverture Maladie Universelle…
– Excellent! Mais dîtes-nous, 7 ans ou 5 ans?
– Je vous promets l’autosuffisance en riz…
– Okay… Mais 2017 ou 2019?

Ce jeu aurait pu continuer tant que Macky n’avait pas trouver une pirouette pour se retirer de cette promesse.  Heureusement pour lui qu’il a trouvé la « maîtresse de son fils ». Le Conseil Constitutionnel a donné son avis ; un avis qu’on a vite fait de transformer en décision. Comme dans notre histoire, le papa n’est en rien tenu de respecter l’avis de la maîtresse. Mais cet avis va devenir parole d’évangile.

Macky Sall s’est joué des sénégalais depuis 2012. Comme pour la Charte de Bonne Gouvernance des Assises Nationales, il a pris cet engagement sans jamais avoir la moindre intention de l’honorer. Ce n’est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. Où en est-il avec la réduction drastique du nombre d’agences et de ministères? La réduction du nombre de ministres conseillers? Les milliards promis lors des conseils des ministres décentralisés?

Aujourd’hui, Macky Sall de retrouve dans la même position que Wade en 2012 avec la possibilité de briguer un troisième mandat. On va être innocent naïf et faire un énorme effort pour croire qu’il ne le fera pas.

Voir aussi un precedent billet sur le sujet : Référendum 2016 : que de pièges!

Publicités