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Je ne sais plus qui disait que les élections locales sont le parent pauvre du calendrier parce qu’elles n’ont jamais été tenues à bonne date mais ce n’est pas cette fois ci qu’il sera démenti.

Les élections auraient du se tenir normalent le 23 mars 2014. Prenant alibi sur « l’Acte III de la décentralisation », le président Macky Sall les a reportées au 25 juin 2014. A l’époque déjà je disais à des amis que c’est un report qui en prépare un autre et je voyais arriver un autre report pour plusieurs raisons.

La première est tout simplement que les mois de juin et juillet sont la périodes des examens scolaires et universitaires. Or les élections se tiennent dans les écoles et les enseignants constituent la plus grande partie des présidents et assesseurs des bureaux de votes. Il sera difficile de jongler avec tout cela. Et si on passe cette date, on ne votera pas avant le mois de décembre pour sauter la saison des pluies.

La deuxième raison est qu’aucun parti n’est vraiment prêt. Le président Sall sait que dans son parti, l’Alliance Pour la République (APR), à part son Fatick et au Fouta, aucun leader n’émerge dans une localité. Même dans une zone comme Saint-Louis où il aurait des chances, ses partisans sont divisés. Il y a d’un côté le maire sortant Cheikh Bamba Dieye et non moins ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Economie numérique. D’un autre le Délégué général à la Solidarité nationale et beau-frère du président Mansour Faye s’active avec ses militants se dessinent comme la l’opposition au sein de la majorité. Enfin le dernier camp est conduit par l’ex numéro deux de l’APR et du gouvernement Alioune Badara Cissé. On revoit le syndrôme du Parti Démocratrique Sénégalais (PDS) en 2009 avec ses six ministres d’Etat qui se sont entre-tués à Saint-Louis.
Les autres formations politiques, de la majorité comme de l’opposition, se cherchent aussi dans cette grisaille. Le PDS est en manque de leadership central pouvant impulser une nouvelle dynamique. Leur seul argument c’est de se montrer en victime et martyr face aux « dérives autoritaires » du régime. Le Parti Socialiste (PS) est quant à lui tenu en otage par Ousmane Tanor Dieng qui tient vaille que vaille à nouer une alliance avec l’APR dont aucun autre socialiste ne semble vouloir. Ousmante Tanor Dieng lui-même traîne les pieds pour convoquer le congrès du parti qui lui signifierait sa fin politique. L’Alliance des Forces du Progrès (AFP) va vers un combat de leadership entre les lieutenants de son secrétaire général Moustapha Niasse. Le parti Rewmi quant à lui a bien voulu profiter de la soudaine hausse de popularité de son leader Idrissa Seck mais ses militants doivent se rendre a l’évidence : ceci n’était qu’un sursaut épisodique de leur leader qui brille le plus souvent par son absence du territoire national.

Les autres partis, qui ne participent aux élections que par des alliances, sont pris dans ce brouillard trop dense et guettent la moindre éclaircie pour se lancer dans leur jeu favori.

On dit qu’en politique, il n’y a que la vérité du calendrier électoral qui compte parce qu’elle montre clairement ce que chaque coalition, chaque parti, chaque politique, chaque politicien, chaque politicard vaut. Cette vérité est d’autant plus claire dans les élections locations que les acteurs politiques sont directement confrontés à la base locale. Un échec serait dramatique (je me souviens encore de l’échec des Wade au Point E, battus dans leur bureau de vote respectif le 22 mars 2009). Pour toutes ces raisons, nul n’est prêt à entendre cette vérité-ci ; en tout cas pas à la date du 25 juin 2014.

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