Que faut-il craindre de l’offensive tout azimut des Forces Alliées 2012 (FAL 2012)? Certainement pas leur communication à la noix puisqu’elle n’arrive visiblement pas à convaincre. Ce qui est à craindre, selon mon point de vue, c’est l’intervention directe des «guides religieux» et des dégâts que cela pourrait engendrer.

On peut même dire que cela engendre déjà des dégâts. Le portail Seneweb a publié des photos(1) de la maison du porte-parole de la famille de feu Serigne Saliou Mbacké après l’incendie qui l’a détruite. Cela ne nous aurait pas inquiétés si ce même porte-parole n’avait pas pris la parole vendredi matin pour s’insurger contre les «rêves» de Cheikh Béthio Thioune.

La politique est un monde qui se nourrit de contradictions. Quand on y dit «oui» il faut s’attendre une nuée de «non» en retour. Et la contradiction on la subit et on la mène en même temps. C’est la base même du jeu démocratique. Car la démocratie ne se joue pas le jour des élections mais elle se trouve dans le vécu quotidien, dans le fait qu’à tout moment, chaque citoyen ait le droit de dire «je pense, je veux, je ne suis pas d’accord…». En somme c’est d’abord et avant tout la liberté de pensée et d’expression qui fait la démocratie. Il ne saurait donc y avoir des politiques – ou de politiciens – au dessus de cette «loi». Lorsqu’on entre dans la jungle politique, il faut être prêt à donner des coups mais aussi à encaisser deux fois plus que ce qu’on donne. C’est là tout le problème de l’immixtion des «guides religieux» dans la politique. En tant que marabouts, ils peuvent dire à leurs talibés prier, jeûner, faîtes l’aumône… Mais quand ils entrent en politique, qu’ils le fassent en militant ou en chefs de parti et qu’ils assument toutes les «charges» que requiert cette posture. Pourrait-on comprendre qu’un chef de parti se comportât en marabout avec ses militants et ses adversaires? Alors pourquoi accepter qu’un marabout veuille se comporter comme tel dans le jeu démocratique?

Les prophètes sont des êtres exceptionnels, nous n’en disconviendrons pas. Mais quand ils sont arrivés parmi les hommes, ils ont vécu en homme. Ils ont subi la pauvreté, la faim, la soif, la maladie, la trahison, l’humiliation, l’amour, le désir, le bonheur, le malheur… sans rancœur, ni esprit vengeur. Et pourtant leurs compagnons et fidèles ont bien voulu les venger parfois, mais ils ont toujours su faire jouer la carte de l’humilité. Alors pourquoi les personnes qui pensent tirer leurs «pouvoirs» de ces prophètes devraient être traitées en surhomme? Pourquoi ne sont-ils pas capables de cette même humilité?

J’aimerai, chers amis que nous faisions une introspection et une méditation sur notre rapport au religieux. La religion n’est-elle pas d’abord et avant une question de choix individuel, de conviction personnelle? Est-ce qu’on peut laisser une tierce personne choisir à notre place et nous laisser assumer individuellement la conséquence de ses choix? Aidez-nous à répondre à ces questions s’il vous plait.

PIVD

(1) http://www.seneweb.com/news/Politique/touba-la-maison-du-porte-parole-de-la-famille-de-serigne-saliou-incendiee_n_60662.html

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