La machine électorale du candidat Abdoulaye Wade qui nous a semblé en panne lors du premier tour, est sur le point d’atteindre sa vitesse de croisière. Ses thuriféraires, aphones ou muets durant la campagne, essaient d’occuper l’espace médiatique avec un discours huilé, lissé et même uniforme. Mais également par le soutien de « guides religieux » – je me permets les guillemets car j’ai le droit de douter de leur statut – qui à coups de ndigueul largement relayé par la chaine dite publique, jouent leur rôle de vulgaire rabatteur.

La première séquence ou vitesse c’est de préparer psychologiquement les sénégalais à une possible victoire du président. On commence par nous expliquer la débâcle du premier tour par le fait que la plupart des deux millions cinq cent soixante huit mille cent quarante neuf (2 568 149) abstentionnistes du premier tour des partisans du candidat Wade qui ont eu la trouille d’aller voter et qu’ils iront aux urnes pour le second tour. Sur un second plan, on cherche a nouer des alliances avec des candidats malheureux – ce qui semble mal parti – mais aussi avec des « guides religieux ». Il y a d’abord eu l’information selon laquelle le khalife de Taïf aurait décidé d’enterrer la hache de guerre avec Wade. Ensuite la déclaration de Cheikh Béthio Thioune diffusée jeudi soir et vendredi matin sur la RTS1 appelant tous ses talibés a réélire Wade. Bien qu’il ait déjà donné ce ndigueul au premier tour, il le réitère par sa voix et son image. Ces ndigueuls serviront au candidat Wade pour expliquer le rebond qu’il vise au second tour malgré l’absence de soutien politique et donc de report de voix. D’ailleurs, toute la communication des membres de la mouvance présidentielle se déroule e deux points : Macky Sall est tout aussi comptable du bilan de Wade – ce qui est loin d’être faux – et l’abstention des militants de la mouvance présidentielle. Et sur ce second point, l’explication me parait bancale : au plus profond de la crise pré-électorale, ces militants n’ont pas eu peur d’aller aux meetings du candidat Wade. Pourquoi auraient-ils eu peur d’aller voter, qui plus est, ce jour-là l’anonymat et le secret du vote leur sont garantis ?

Les explications – ou plutôt élucubrations – de la mouvance présidentielle ne peuvent pas s’avérer si le taux de participation reste en l’état. Donc ils auront forcément besoin de faire voter les abstentionnistes. A défaut, ils auront recours à la machine à frauder : vote multiple, bourrage des urnes… Au second tour, le candidat Wade aura besoin d’un taux de participation qui serait supérieur d’au moins de 10 points à celui du premier tour. Il pourra ainsi faire gober au monde entier que l’opposition avait harcelé ses électeurs au premier tour et que ces derniers se sont rebiffés pour le second tour. Et s’y ajouterai les supposés effets des ndigueuls.

Pour ce second tour, chers amis, il nous faudrait encore plus de vigilance. La bataille de la transparence que le peuple a tant bien que mal réussi à remporter sera encore plus ardue. On en arrive au money time comme disent les américains ou comme on dit chez nous le thioki fin. Les instincts prendront le pas sur la sagesse et ceux qui auront le plus à perdre utiliseront tous les moyens – même les plus diaboliques – pour conserver leur place au soleil. Mais en définitive, un seul camp a réellement droit a cette place au soleil : le camp du peuple sénégalais. Il lui revient d’imposer sa légitimité, de reprendre son pouvoir et refuser qu’on le lui confisque.

La machine est en marche, chacun à son poste !!!

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