Je ne sais pas pour vous chers amis, mais le silence de président Abdoulaye Wade m’intrigue énormément. Depuis le congrès d’investiture de sa coalition, le 23 décembre 2011, on peut compter le nombre de fois où il a pris la parole. On l’a vu partir de Thiès sans terminer son meeting durant la campagne électorale. On l’a vu, malgré son service d’ordre massif, « fuir » de son bureau de vote du Point E après avoir voté. Lui, l’amoureux des micros et caméras, grand manipulateur des médias, prêt à combattre n’importe quel adversaire prenant abdiquant sous les huées… Qui l’eût cru. Et sa dernière apparition médiatique du lundi 27 février 2012 me laisse encore plus intrigué que jamais.

Cet homme, à qui je ne souhaite aucun mal malgré nos désaccords, m’a paru « vieux, fatigué et usé » pour citer Lionel Jospin qui s’adressait ainsi à Jacques Chirac durant la campagne présidentielle de 2002 en France. Et il en est ainsi depuis le mois de décembre 2011. Nous avons eu droit tour à tour la voix cassée du 23 décembre, le laborieux discours à la nation du 31 décembre 2011, la campagne électorale au forceps avec une voix toujours aussi cassée et des discours d’un vide presqu’absolu…  Je vous le dis, chers amis, cet homme a besoin d’être sauvé. Le salut de cette nation dépend grandement du notre.

A chacune de ses apparitions, les sénégalais retiennent leur souffle, tellement il leur a habitués à des discours peu rassurants. S’il ne traite pas ses opposants de poltrons, dans un moment ou le pays flirte avec l’explosion, il assimile une demi-douzaine de morts à une « petite brise passagère ». On a tout autant peur de ses « feintes de corps ». Ne dit-on pas qu’il clignote à gauche pour donner un coup de volant à droite ? Ce qui explique que malgré son dernier discours d’apaisement, on reste dans l’expectative : que nous prépare-t-i ?

Pour en revenir, je disais qu’il faut le sauver. Il faut le sauver doublement. D’abord de ses propres démons intérieurs – ce sera difficile vu qu’il vit avec eux depuis tellement de temps – en lui faisant comprendre que le terrain sur lequel il compte jouer est glissant et miné. Il lui suffirait de prononcer un mot de travers, de faire un geste de trop pour que les opposants retournent dans la rue ; et ses opposants ne sont pas seulement politiques. Et ses vieux démons – puisqu’ils ont au moins son âge – ne sont pas forcément de bon conseil. La roublardise, la tortuosité et la manipulation font rarement bon ménage avec la sagesse que réclame la situation actuelle.

Ensuite il faut l’aider a se débarrasser de ses démons « extérieurs ». Et ce sont tous ces hommes et femmes qui seraient prêts à mettre le feu aux poudres pour conserver leur fromage. Je citerai pêle-mêle les juges constitutionnels, ses porte-paroles – le pire étant Serigne Macké Ndiaye –, et certaines personnes de son entourage qui vont jusqu’à la stigmatisation ethnique. Et je suis d’avis que ce groupe de démon est plus dangereux que le premier, vu qu’ils sont en plein dans ce que l’on pourrait appeler « l’instinct de conservation ». Tous les moyens seront justifiables par la fin qu’ils visent et par la faim qu’ils évitent.

Pour éviter au Président Wade la triste fin que lui préparent ses démons, je ne vois pas d’autre moyen que de lui conseiller, encore une fois, de se retirer, de ne pas aller au second tour. Cela mettrait tous ses démons soit en congé prolongé soit à la retraite pour de bon. Et surtout, cela ouvrira la porte au retour des anges chez lui.

Alors tous ensembles, sauvons le soldat Wade !

 PIVD

PS : Au moment de mettre en ligne ce texte, nous avons appris que le Président Wade à annulé la conférence de presse prévu ce jeudi 1er mars 2012 selon l’Agence de Presse Sénégalaise. Toujours pas inquiets ???

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