Jamais dans l’histoire de ce pays une élection n’aura fait preuve de tant de tension, de médiatisation. Pour la première fois, un médiateur international a été envoyé au Sénégal. Même la crise en Casamance n’aura pas eu autant d’égard. Tout cela par le fait d’un seul homme : Abdoulaye Wade. De par sa position centrale dans notre système de gouvernance, il est tenu pour responsable de toutes les décisions, même celles judiciaires. Et d’ailleurs il nous le prouve assez avec ces dernières déclarations dans l’affaire des chantiers de Thiés.

Aujourd’hui, encore une fois l’avenir proche du Sénégal se trouve entre ses mains. Tout dépendra de son comportement face aux résultats duu vote du 26 février 2012. Trois options s’offrent à lui : tenter le forcing de la « victoire dés le premier tour », accepter les résultats tels qu’ils se dessinent et aller au deuxième tour ou alors accepter ces memes résultats et décider de ne pas se présenter au second tour.

Pour ma part je préfère rêver et croire qu’il lui resterait encore une once de grandeur; Parce qu’il en faut de la grandeur pour accepter que l’on est plus l’homme de la situation et qu’il est temps de se retirer. Il  faut être grand pour accepter que le moment de céder la place est arrivé. Comme disent les sportifs soit tu quittes le terrain soit le terrain t’éjecte. 

S’il lui venait de faire ce choix, sur un plan personnel il sauverait encore le (peu de) crédit qu’il lui reste encore. Et au plan général, il sauverait le Sénégal d’un possible désastre. Désastre oui! Les sénégalais seront obligés de supporter de nouveau toute la tension engendrée par le dépôt et la validation de sa candidature. Les soupçons de fraude seront encore plus grands car on en serait au coup final ou ce sera tout gagner ou tout perdre. Et si des gens ont été capable de jouer au western durant le premier, qu’en sera-t-il du second. 

On pourrait me rétorquer que même sans Wade il y aurait tout de même un second tour. Et je répondrai que la fraude, le transfert d’électeurs, les achats de cartes, les bureaux fictifs… sont toujours reprochés au camp du candidat sortant ou du candidat du pouvoir. Son retrait ferait qu’on aurait deux candidats à équidistance de l’appareil exécutif qui organise l’élection. On conviendra facilement que cela participerait pour beaucoup à apaiser les tensions. 

Pou toutes ces raisons, je vous supplie Président (parce que vous l’êtes encore) pour une fois, de transformer mon reve en réalité, en vous retirant de l’élection et en garantissant l’équité et l’impartialité de l’administration dans la suite des évènements, tels que vous l’imposent votre devoir de gardien de la constitution et garant de l’unité nationale. Le pouvoir peut vous apporter tout mais si vous ne le quittez pas à temps, ils vous quittera en emportant tout avec lui.

Soyez grand par vous-même Président!

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